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“De la souffrance surgit la vie”

Publié le 6 avril 2021

La fête de Pâques célèbre le mystère de l’amour de Dieu pour l’humanité : Dieu se donne à l’homme et lui offre une possibilité de vie nouvelle par sa souffrance, sa mort et sa résurrection. Conversation avec le Père Eric Ndikubwayo , vicaire à la paroisse de Rochefort.

Originaire du Rwanda, la souffrance du Christ en croix résonne sans doute de façon particulière pour vous ?

La souffrance, la passion du Christ m’a beaucoup inspiré. J’ai connu, enfant, le génocide rwandais et j’ai compris que, de cette souffrance, est née à présent une vie chargée d’histoire particulière pour la nouvelle génération.

Lorsque l’on expérimente soi-même la souffrance, cela nous invite à poser un autre regard sur celle du Christ. En 2008, au petit séminaire Saint Aloys (au Rwanda), la contemplation de la croix m’a énormément interrogé. Pourquoi le Christ a-t-il accepté une telle souffrance ? J’ai fini par comprendre que c’était là un acte d’amour infini : Il aime chacun d’entre nous, et je me suis senti aimé ! Je peux dire que, de la souffrance de Jésus, est née ma vocation : j’ai été saisi.

Comment cette souffrance peut-elle nous ouvrir à quelques chose de plus grand ?

J’aime évoquer le personnage de Simon-Pierre : engagé à la suite du Christ, il renie son propre maître, au cœur de la peur et de la souffrance… Mais il sait « rebondir », par la suite, en lui demandant pardon. Il y a dans cet homme une forme de résilience qui nous invite à l’espérance.

Nous connaissons tous des hauts et des bas dans nos vies, il faut apprendre à accepter la souffrance et la joie d’une vie nouvelle, c’est cette perspective qui peut nous aider à tenir.

Au pied de la croix, des femmes dont Marie, mère de Jésus, et Jean étaient présents. Même au plus fort de cette souffrance, le Christ confie sa mère à son disciple, comme s’il s’agissait d’une forme de consolation : « Jésus voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : “Femme, voici ton Fils.” Puis il dit au disciple : “Voici ta mère.” Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit chez lui. » (Jn 19, 26-27)

Le matin de Pâques, nous fêtons la victoire de Jésus sur la mort : de la souffrance surgit la vie !

La résurrection du Christ est l’événement central de la foi des chrétiens ; comment dynamiser notre vie de foi à la lumière de cette renaissance ?

La résurrection de Jésus est un socle, et elle devient notre boussole qui doit guider nos vies.

Quand on fait le choix d’orienter sa vie vers la résurrection, cela nous amène à la lumière : le Christ, lumière du monde. Nous retrouvons cette symbolique de la lumière pendant la veillée pascale, lorsque chacun allume son cierge pendant le chant de l’Exultet. Le Christ éclaire le chemin sur lequel j’avance et sur lequel tant d’autres cheminent : je ne suis pas seul ! Après sa résurrection, le Christ s’est montré à beaucoup d’autres, et il continue d’être avec nous. La résurrection est pour moi une boussole, une lumière qui éclaire mon chemin ; l’Esprit Saint est avec moi sur ce chemin de Foi.

Vous êtes co-responsable d’équipe au Secours Catholique de Rochefort. Pourquoi cet engagement ?

Pendant le génocide, j’ai vécu dans une grande pauvreté, c’est une expérience profondément ancrée en moi qui m’invite à rester attentif à la vie des personnes qui côtoient la souffrance ou qui vivent dans la précarité sous toutes ses formes : matérielle, morale… Pendant mes années de formation au séminaire, je me suis retrouvé un jour sur une route où un très grave accident venait de se produire. L’une des victimes était déjà décédée à mon arrivée, la seconde se trouvait dans un état très grave. J’ai pris en charge son évacuation vers l’hôpital le plus proche, en arrêtant un taxi et faisant descendre les passagers pour y installer Robert. Je n’avais que peu d’argent pour payer le conducteur du taxi mais il a accepté ce service que je lui demandais. Le lendemain, je suis allé rendre visite à Robert, lui apportant quelques victuailles ; le personnel de l’hôpital était particulièrement interloqué que je puisse m’occuper d’une personne qui n’était pas de ma famille, ni du même pays (je me trouvais alors au Cameroun).

Je suis intervenu, par ce qu’il y a en moi, en Robert, et en chacun d’entre nous, une partie de l’identité de Dieu ; ces identités, ces images s’attirent, et je ne peux pas les arrêter. (Gn 1, 26)

Apporter un soulagement à quelqu’un qui souffre, c’est l’aurore de la vie pascale. C’est être comme Jésus, sur la haute montagne, lorsqu’il permet à ses apôtres de voir sa nature divine.(Mc 9, 2-4)

Au cœur de l’humanité, la divinité apparaît : c’est la joie pascale expérimentée !

En paroisse, quelles expériences vous ont montré des signes effectifs de cette vie nouvelle ?

J’ai été particulièrement touché, et même bouleversé, par le chemin des jeunes catéchumènes que j’accompagne depuis plusieurs mois. Ce n’est pas rien que d’entendre un adolescent me dire : « Je voudrais approfondir ma foi, j’ai été touché par le personnage de Jésus », alors que ce même jeune avait grandi dans une famille non croyante !

J’ai la certitude que l’Esprit Saint nous précède, et touche les cœurs. Ce n’est pas le prêtre que je suis qui déclenche ce mouvement intérieur, mais c’est l’Esprit Saint qui est à l’œuvre, qui prépare le terrain.

« Je vous ai dit cela pendant que je suis encore avec vous, mais le défenseur, l’Esprit saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » (Jn 14, 25-26)

Le jour où j’ai rencontré le Christ, ma vie a changé. De la même façon, par le baptême, une nouvelle vie commence pour le catéchumène !

Des eaux baptismales jaillit la vie nouvelle : en plongeant dans l’eau, on accepte de couper sa respiration, on accepte la mort, pour ressurgir ensuite à une nouvelle vie. C’est comme mourir avec le Christ pour ressusciter avec Lui et donc vivre pleinement dans la joie pascale !

Quel message d’espérance aimeriez-vous nous donner ?

A toute personne qui lit cet article, je suis ravi de vous dire que Jésus a connu la joie et la souffrance humaine, n’hésitez pas de lui confier votre vie, Il vous connaît, il vous comprend et il veut être votre compagnon de route vers la vie nouvelle !

Joyeuse Pâques !